jeudi 29 juin 2017

{ Lecture } # 24 Les Métamorphoses d'Ovide

"Les Métamorphoses" (8 après J.-C.)
Ovide
Editions Le Livre de Poche - Les Classiques de Poche (2010)
600 pages

 

Synopsis


"Entreprise par Ovide dès l’an 2 après Jésus- Christ, l’épopée des Métamorphoses nous conduit tout au long de ses quinze livres des origines jusqu’au temps présent. C’est une histoire du monde qui nous est offerte, revêtue d’une dimension mythique et constamment ouverte à ces métamorphoses que dicte la volonté des dieux : Pygmalion qui épouse la statue qu’il a façonnée et dont il s’est épris ; Adonis dont le sang, lorsqu’un sanglier l’aura tué, fait naître l’anémone ; Midas affublé d’oreilles d’âne par Apollon qui le punit ; Iphigénie sacrifiée par son père et transformée en biche. Ces histoires vont pour toujours marquer la culture héritée de l’Antiquité et sont bien encore les nôtres."

 

Avis et résumé

En 15 chants, Ovide nous présente une épopée sur le pouvoir des dieux et l'envie des hommes de les surpasser. Nous commençons le livre bien avant la création de la vie, puisque tout était chaos. Ovide nous parle de l'arrivée de l'homme "un être plus noble et plus intelligent, fait pour dominer sur tous les autres". La guerre était inconnue ... puis l'homme s'assombrit, devient féroce pour finalement commettre des crimes. 
Les dieux désignent donc un coupable : César, qui conclura le livre.
Au fur et à mesure des chants, nous évoluons dans l'Histoire avec l'intervention des dieux. Junon et sa vengeance seront mis en avant avec son mari infidèle. Jupiter se méfie de sa femme (et sœur) et essaie de se camoufler lui et ses maîtresses aux yeux de Junon.
J'ai beaucoup aimé retrouver quelques rapprochements entre mythe et catastrophes naturelles comme dans le chant 2 lorsque le fils d'Apollon qui meurt sous la foudre de Jupiter et donc Apollon laisse le monde sans lumière lors d'une journée.
Nous retrouvons principalement des métamorphoses animales mais aussi végétales. Un rapport avec la nature dont à la fin du livre nous pouvons comprendre par ce qui semble être "l'orientation" alimentaire d'Ovide : le végétarisme, en le faisant passer par Pythagore (Chant 15). Pour lui, il croit en la réincarnation, on ne meurt pas, on se transforme d'où le fait d'être végétarien pour ne pas se souiller du sang d'un parent.
Entre temps, nous observerons la construction de Thèbes et de sa chute ainsi que Troie. La naissance de Bacchus, Diane et Apollon ainsi que les aventures de Thésée, Ulysse, Minos (le fils de Jupiter et d'Europe). Et n'oublions pas Icare et Dédale qui s'élèvent dans les cieux avec leurs ailes pour quitter le labyrinthe de Minos.
L'auteur reprend également Narcisse, qui est beau, fier et rejette les autres avec la nymphe Echo qui l'aime. Narcisse étant séduit par son propre reflet finit par périr par ses propres regards alors qu'Echo se transforme juste avant en rocher. (Chant 3)
Nous apprendrons bien plus également sur l'enfant d'Aphrodite et d'Hermès : Hermaphrodite dont une nymphe tombe amoureuse de lui et souhaite devenir son épouse. Elle demandera aux dieux de les unir et ils exaucent sa prière. Les 2 corps sont unis. (Chant 4) 


Encore une fois, un livre riche en mythes pour les amoureux de l'Antiquité. Cela permet de comprendre beaucoup de chose, de nous en apprendre plus sur l’étymologie de mots et expliquer certains points de l'histoire. Une série d'histoires dans lesquelles l'homme souhaite toujours s'élever et où les dieux les punissent ou les gratifient.

mardi 27 juin 2017

{ Lecture } # 23 Œdipe Roi de Sophocle

"Œdipe Roi " (vers 425 avant J.-C.)
Sophocle
Éditions Librio Théâtre (2003)
  76 pages

 

Synopsis


"Cruauté du sort qui amène Œdipe à commettre à son insu l'acte criminel prédit par l'oracle ! Averti par Delphes qu'il tuerait son père et épouserait sa mère, il fuit les lieux de son enfance, espérant ainsi préserver Polype et Mérope, ses parents présumés... Que ne lui a-t-on dit, hélas, qu'il était le fils de Laïos !

Ignorant du drame ancien, aveuglé parle hasard, Œdipe court à sa perte. Il tue un voyageur qui lui barre la route, libère Thèbes de la Sphinge, épouse la reine de la cité, occupe le trône royal et... accomplit son terrible destin."

 

Avis et résumé


Encore une pièce de théâtre qui a connu un succès pendant des siècles. Reprise d'ailleurs par Jean Cocteau avec "La machine infernale", il est intéressant de se pencher sur le texte de base.
Tout commence lorsque Œdipe est roi de Thèbes dans la ville de Cadmos. La mort frappe la ville, la peste touche les foyers et l'on cherche un responsable pour apaiser le mal. Afin d'obtenir des réponses, il envoie son beau-frère (et oncle ?) auprès de Phoebus. Il apprend qu'il faut chasser les coupables ou de les tuer, qu'il faut venger la mort de l'ancien roi Laïos.

A partir de ce moment, Œdipe annonce à son peuple de ne pas écouter cet assassin en lui lançant une malédiction et mènera l'enquête pour tout découvrir. Quand tout l'accusera, il pensera à un complot mené par Créon (le beau-frère) et Tirésias (le devin).

Suite à une prophétie, comme quoi il tuera son père et épousera sa mère, il a fuit Corinthe afin qu'elle ne se réalise pas. Pensant fuir ses parents biologiques, il croisera un vieillard qui le frappera en chemin et Œdipe le tuera. C'est là que la première partie de la prophétie s'accomplira, nous laissant comprendre tout simplement la suite.

Il apprendra par la suite, qu'il a tué en réalité le roi Laïos, qui s'avère être son père. Jocaste essaie de se convaincre que son ancien époux a été tué par des brigands, elle retrouve son fils sur cette fin mais mettra fin à ses jours. Œdipe se crèvera les yeux pour ne plus voir le mal qu'il a causé et donc subi et fera accomplir la malédiction qu'il s'est lui-même jeté.


J'ai tout simplement adoré. L'original repris et refait par d'autres auteurs. Un petit régal historique ... autrefois, on s'était rendu compte qu'il fallait trouver une femme ou un homme ailleurs pour éviter les problèmes de consanguinité. Il reste un petit bijou d'enquête policière lors de l'Antiquité.

dimanche 25 juin 2017

{ Lecture } # 22 La machine infernale de Jean Cocteau

"La machine infernale" (1934)
Jean Cocteau
Éditions Livre de Poche (1992)
  126 pages

 

Synopsis


"Obéissant à l'oracle, Oedipe résout l'énigme du Sphinx, tue son père et épouse sa mère. La peste s'abat sur Thèbes qui a couronné un inceste et un parricide. Quand un berger dévoile la vérité, la machine infernale des dieux explose. Œdipe se crève les yeux et sa mère se pend. S'inspirant du théâtre de Sophocle, Cocteau redonne vie aux grandes figures grecques : Œdipe, Jocaste, Antigone et Créon. Il philosophe en virtuose. Non, l'homme n'est pas libre. Il naît aveugle et les dieux règlent sa destinée. Même le héros, celui qui sort du rang, doit se soumettre. Ce grand texte dit tout sur l'homme avec infiniment d'humour et de poésie."

 

Avis et résumé


Je dois avoir lu du Jean Cocteau au lycée mais je n'en garde pas de souvenir. Helléniste depuis ma 3ème, j'ai un petit faible pour les mythes. Le complexe d’œdipe est loin d'être mon favori mais d'un point de vue psychanalytique, anthropologique ..., on doit se pencher dessus. Une lecture imposée pour le cours de Lettres afin de la comparer avec 2 autres ouvrages.
J'ai beaucoup apprécié le style de l'auteur, un poil moqueur comme j'aime, pour ceux qui apprécient le tragi-comique, on est servi tout au long de cette pièce de théâtre.
"La machine infernale" reprend et adapte l'histoire d'Œdipe, en y ajoutant fantaisie et poésie au cœur du drame austère. Vous connaissez la prophétie faites aux parents d'Œdipe ainsi que celle faite à lui-même une fois jeune homme ?

"Il tuera son père. Il épousera sa mère."

Cette prophétie qui fera que le couple royal, Jocaste et Laïus (nom changé par l'auteur puisque dans la version original, il s'appelle Laïos), abandonnera son bébé. Bien qu'en réalité, ils souhaitent le laisser mourir, mais un berger de Corinthe apporte l'enfant à un autre couple royal, Polybe et Mérope. C'est en apprenant la prophétie, plus tard, qu'Œdipe fuit afin que cette prophétie ne se déroule pas. Il tue un vieillard sans le vouloir qui s'avère être le roi de Thèbes, Laïus, le parricide a donc eu lieu. A Thèbes, un Sphinx sème la terreur en tuant tous les jeunes aventureux partant à sa rencontre, la veuve du roi, offre sa main au vainqueur du Sphinx. Vous devinez rapidement comment tout se déroule ...
Mais Jean Cocteau joue avec ses personnages et donne beaucoup de symbolique aux objets de sa pièce.

La Reine Jocaste parle souvent d'une écharpe rouge qu'elle porte autour de son cou comme quoi "elle me tuera" avec toutes ces personnes qui marchent dessus et qui manque de l'étrangler. Petite référence a Isadora Duncan. Elle parle également de sa broche "qui crève l’œil de tout monde" ici pour dire qu'elle se remarque facilement et non par encore les yeux de son fils-époux.

L'auteur va également plus loin avec le personnage de Jocaste, bien qu'en mal de maternité, elle cherche à imaginer comment serait son enfant aujourd'hui et le compare au beau jeune garde sur les remparts.

Mon personnage préféré reste le Sphinx ou plutôt la Sphinx, une femme de caractère, seule sur son rocher. Le héros joue avec elle afin de comprendre pourquoi elle se trouve dans les ruines à une heure aussi tardive. Elle finira par lui poser cette fameuse énigme que nous connaissons tous :

"Quel est l'animal qui marche sur quatre pattes le matin, sur deux pattes le midi et trois pattes le soir ?"

Elle dévoilera son côté humain en essayant de sauver Œdipe de son futur funeste mais déçue elle ne le fera pas.

17 ans plus tard, la Peste frappe Thèbes, on cherche le coupable de ce fléau. Œdipe apprend la mort de Polybe, le roi de Corinthe et se sent soulager car ce n'est pas lui qui l'a tué SAUF qu'il apprend qu'il n'était que son père adoptif. Vous connaissez la suite :)


 J'ai tout simplement adoré. Une reprise d'une pièce mythique réussie.

dimanche 11 juin 2017

{ Lecture } # 21 Le Blé en herbe de Colette

"Le Blé en herbe" (1923)
Colette
Éditions Librio (Littérature) (2012)
  96 pages

4ème de couverture

"Phil, 16 ans, et Vinca, 15 ans, amis de toujours, passent leurs étés en Bretagne. Tout naturellement, l'amour s'installe entre ces deux complices inséparables, un amour qui grandit plus vite qu'eux. Cet été-là, Vinca et Phil découvrent leurs différences et leurs incompréhensions. L'insouciance et la confiance font place à la souffrance et à la trahison. Ces amours adolescentes révèlent à Vinca et Phil ce qu'ils sont désormais et ne seront jamais plus. Et ces vacances s'achèvent sur un adieu à l'enfance, amer et nostalgique.
Avec délicatesse, Colette excelle à évoquer l'éveil de la sensualité, la douloureuse initiation à l'amour et à la vie. Provocateur, ce roman d'initiation sexuelle a été adapté de manière magistrale par Claude Autant-Lara en 1973."

Avis et résumé

Que les choses soient claires, ce livre ne parle pas de fumette ! Je le dis car on m'a demandé si c'était le sujet à cause de son nom.
Bref. Ce dernier livre nous a été proposé pour le cours de littérature française dans le cadre de mes partiels. Sur les 4 livres que nous avons eu à lire dans cette matière, il s'agit de celui que j'ai le moins aimé.
Nous comprenons bien qu'il s'agit de 2 adolescents qui s'aiment, sont complices. Les 2 êtres changent. Que ce soit physiquement comme psychologiquement. 
Phil perdra sa virginité avec une dame bien plus âgée, il cachera cette relation à tout le monde mais Vinca n'est pas dupe et le remarquera.
Phil traite souvent Vinca comme inférieure par rapport à lui. Nous sommes bien au début du 20ème siècle et les femmes ne sont pas encore au même niveau que les hommes (parfois encore aujourd'hui c'est dur pour certains) mais nous avons la sensation que finalement il se soumet à elle.
Un roman portant avant tout sur l'adolescence où nous sommes entre 2 âges, celui de l'enfance mais aussi celui de l'adulte. On rêve de s'amuser tout en ayant des "rêves virils".
Je vous cite un passage que j'ai également relevé dans le roman
 p.59

"Le son de la voix fut si intelligent que Philippe retint son souffle effrayé. "Elle sait tout." Il attendit l'écrasant récit, et l'explosion des larmes, des plaintes. Mais Vinca resta muette, et après un long temps, comme après la pause calme qui suit la foudre, il risqua une question timide :
- Et cette faiblesse-là suffit pour que tu aies l'air de ne plus m'aimer ?
Vinca tourna vers lui la tache nébuleuse et claire de son visage, serré entre les deux haies rigides de ses cheveux :
- Oh ! Phil, je t'aime toujours. Malheureusement, ça n'y change rien.
Il senti son cœur bondissant heurter sa gorge :
- Oui ? Alors tu vas me pardonner d'avoir été si "petite fille", si ridicule ?
Elle hésita une seconde :
- Mais oui. Je vais te pardonner, Phil. Mais ça aussi, ça n'y change rien.
- A quoi ?
- A nous, Phil.
Elle parlait avec une douceur sibylline, qu'il n'osa interroger davantage, et dont il n'osa se réjouir. Vinca le suivit sans doute dans un mouvement de repli mental, car elle ajouta subtilement :
- Tu te souviens des scènes que tu me faisais, et des miennes, il n'y a pas trois semaines, parce que nous nous impatientons d'avoir quatre ans, cinq ans, à nous morfondre avant de nous marier ? ... Mon pauvre Phil, je crois bien que j'aimerais retourner en arrière - et redevenir enfant, aujourd'hui.
Il attendit qu'elle soulignât, qu'elle commentât cet habile, cet insidieux "aujourd'hui" suspendu devant lui dans l'air pur et bleu de la nuit d'août. Mais Vinca savait déjà s'armer de silence. Il insista :
- Alors, tu ne m'en veux plus ? Demain nous serons ... nous serons Vinca et Phil, comme toujours ? Pour toujours ?
- Pour toujours, si tu le veux, Phil ... Viens. Rentrons, il fait frais.
Elle n'avait pas répété après lui "comme toujours"."

❀❀❀
Une jolie plume et l'on peut comprendre que le livre a provoqué un choc lors de sa publication. Colette fut une des féministes du XXème siècle.
Mais je l'ai trouvé terriblement long pour 90 pages.

LinkWinthin

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